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Folklore chic

Faire tourner des vieilles voitures sur un circuit ne suffit pas conférer le statut d’exception à une course au Mans. Pour ce faire, il faut créer l’Ambiance. Et ça, M. Peter, brillant organisateur, l’a bien compris.

C’est ainsi que l’enceinte du circuit est constellée de toute ce qu’un mordu d’automobile peut aimer. Les clubs de France et d’ailleurs se rassemblent en toute convivialité et leurs membres exposent des véhicules plus rares et plus exceptionnels les uns que les autres, permettant aux spectateurs de déambuler parmi plus de 50 années de production automobile.

Le Mans Classic jouit aussi de l’élégance et du raffinement distingué directement issus de ceux qu’avaient pilotes, mécanos et spectateurs, à ces époques aujourd’hui légendaires. Plus fort encore, le personnel de l’épreuve revêtait de « très oldschool » salopettes blanches et les navettes permettant d’économiser vos pieds n’étaient autres que de vieux bus et des véhicules militaires. Question d’image et avant tout d’ambiance…

Et pour confirmer que le passé à de l’avenir, 89 enfants prenaient le volant de répliques à échelle réduite des prestigieux bolides de leur parents, pour concourir eux aussi, en participant au Little Big le Mans.

Les paddock présentent également un gigantesque melting-pot sur roues, un camion Gordini tatoué d’antiques sponsors, jouxtant une Citroën DS de tournage, celle qui a capté les talents de McQueen dans le film Le Mans.

Peter Auto offrait également à l’art automobile la place qu’il mérite, au plus proche des bolides que la toile fige. Plus loin, les amateurs négociaient des pièces rares et anciennes devant les étals d’échoppes vintage. Entre un vilebrequin d’Austin Healey, des plaques émaillés et des bouquins à faire rêver, on tombait nez à nez avec un cliché d’un Steve McQueen intrigué. Ces photographies d’époques, inédites et spectaculaires emplissent l’amateur d’émotion, du sentiment de toucher directement à une réalité surannée. Antiquités, objets d’arts et souvenirs de luxe foisonnent et permettent à chacun, si non de trouver son bonheur, à tout le moins de rêver.

Pénétrer dans l’enceinte du circuit, c’est entamer un voyage pour une destination qui n’existe pas. Ces lieux si rares sont le fait d’une contraction temporelle. Ici, au milieu des Bentley et Bugatti, on se croit avant guère, là en plein dans les sixties, on s’étonne de la finesse des courbes d’une Lotus Elite étonnement décorée et, à quelques pas de là, parmi quelques Art Cars, on croit apercevoir le fantôme de Calder venu lorgner l’inspirations de ses concurrents. C’est un peu ça le Mans Classic : en un même lieu, un même moment, croiser le temps, des histoires et des époques.

Julien Libioul

V12-gt

L'émotion automobile